Mais aujourd’hui, je crois qu’il fallait que j’écrive un article pour témoigner auprès de vous, pour qu’éventuellement ça puisse vous servir.
Dans tout ce qui suit, je précise que j'assume entièrement ma part de connerie et de naïveté. Facile à dire, mais bon, c'est vrai.
Vous en étiez restés à ma rencontre enflammée avec un super Rital. Il se trouve que ça n’a pas fait long feu et qu’il s’est révélé être un des pires connards que je n’ai jamais rencontrés.
Résumé des épisodes : drague sur un site de rencontre gay, coup de téléphone, rencontre dans un bar et le soir même, nuit passée chez lui. Il avait tout du Rital, grand parleur, prenant beaucoup de place, très lyrique. Physiquement aussi, il avait beaucoup d’atouts : Italien donc avec tout ce que ça implique, viril, plus âgé que moi (de 11 ans), dominateur dans le sens protecteur et au lit c’était super, nos fantasmes étaient très complémentaires.
Aujourd’hui, 19 juin, je reviens du laboratoire d’analyse situé non loin de chez moi. Je viens d’aller récupérer mes résultats d’analyse VIH.
L’aventure n’a duré que 3 semaines. On ne se voyait pas tous les jours, mais quand même 2-3 fois par semaine, ce qui au total ne représente pas beaucoup de jours. C’était des « je suis fou de toi », « quand je me réveille auprès de toi, je n’arrive pas à croire que c’est vrai », « si un mec te regarde dans la rue, je le tue », j’en passe et des meilleurs.
Le mec était divorcé et avait deux grands enfants (la vingtaine). Il était plein de problèmes : son ex-femme essayait de lui soutirer le maximum de fric, de monter les enfants contre lui, il avait un boulot tuant, il fumait comme un pompier. Un soir, il a craqué et l’image paternelle du mâle dominateur s’est momentanément éclipsée. Il s’est mis à pleurer dans mes bras et a dit qu’il préférerait que tout s’arrête.
J’avais confiance en lui, son image de père me donnait entière confiance. Au point que lorsqu’il m’a dit qu’il n’aimait pas les préservatifs, j’ai cédé, je suis passé de l’autre côté de la barrière interdite. Nous avons eu des rapports non protégés systématiquement avec risque maximum (je ne vous fais pas de dessin).
Par acquis de conscience, j’ai alors fait le test de dépistage VIH, pour lui. Comme d’habitude, gros stress, mais OK tout allait bien. Je lui annonce ça par téléphone et le soir même il exige quasiment que je lui montre le papier. Je lui demande alors de faire aussi le test. Il me dit que lors d’une analyse de sang datant de quelques semaines, on lui avait fait « par erreur » le test et qu’il était négatif. Mouais, ça me paraissait louche cette histoire.
Sur la fin de cette brève liaison, je lui demandais qu’il me montre lui aussi le papier de ses résultats. Et là, j’ai paniqué. Il est rentré dans une fureur incroyable, me traitant de taré qui n’avait pas confiance en lui, arguant qu’en tant que père de famille, il était responsable et n’aurait jamais de pratiques à risque, en plus comme il n’est que actif et qu’il ne suce pas, il n’y avait pas de risque. Re-discours pipeau.
Il m’a alors largué comme une merde, du jour au lendemain, en essayant systématiquement de me culpabiliser. Je pense d’ailleurs qu’il continuait de draguer sur internet et j’ai vu d’ailleurs qu’il avait retrouvé un mec peu de temps après.
Ont alors commencé 3 mois d’angoisse. La passion dissipée, je me retrouvais face à la situation actuelle, objectivement. Moi qui me sentais blindé contre ce genre de pratique à risque, j’ai failli. Jamais je n’aurais pensé pouvoir tomber dans ce piège. Plus l’échéance des 3 mois approchait et plus j’angoissais et plus je culpabilisais. A cause de lui. Et je ne me sentais pas de le ré-affronter pour lui exiger qu’il fasse le test.
Entre temps j’ai rencontré un autre homme avec qui j’ai une liaison plus distanciée depuis plus de deux moi. Il se trouve que ça s’est enchaîné directement avec le Rital, au point qu’il paraît que j’ai prononcé son nom la nuit en dormant … Le nom de ce connard est venu polluer cette nouvelle relation, s’est immiscé entre moi et cet homme que je crois être de valeur (maintenant je suis très prudent, et j’essaie de garder un marge dans l’investissement). Bien sûr je n’ai eu que des rapports protégés avec ce nouveau compagnon. Mais je me sentais sale vis-à-vis de lui, malhonnête. Aujourd’hui je suis séro-négatif. Je suis enfin libéré de lui.
Elvino


"Persistance biloba" Copyright Elvino 2008


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